GEORGES JULIEN

UN HOMME D'HONNEUR


S
i Georges Julien a eu la joie d'apprendre l'annonce du débarquement de Normandie, en entendant dans la nuit du 5 au 6 juin le message personnel dont il attendait depuis des mois la diffusion, il ne lui a pas été donné de connaître la Libération de sa patrie, pour laquelle il s'est battu dès 1941. La veille de sa mort, conscient des dangers qu'il courait à Bordeaux, malgré son mandat officiel de représentant du Comité National de la Résistance, il déclara à un ami : « Je ne redoute pas la mort sous les balles allemandes, mais je crains d'être victime de ceux que je défends ».

En cette fin de juin 1944, Bordeaux est à la fois une poudrière et un panier de crabes. Depuis les vagues d'arrestations qui se sont succédé depuis l'été 1943, et qui ont littéralement démembré la Résistance bordelaise, un climat de suspicion règne entre les différents mouvements de résistance. Ce que l'on appellera plus tard l'affaire Grandclément y est évidemment pour beaucoup. Mais ce n'est pas la seule cause : après le débarquement, c'est la question de l'organisation future de la France qui est posée. Les enjeux de pouvoir, mis au second plan durant les années noires, prennent maintenant place au premier plan. La lutte d'influence que se livrent le général de Gaulle et ses puissants alliés, ne se limitent pas aux cercles traditionnels de la politique et de la diplomatie, elle se manifeste aussi sur le terrain. Et dans la région de Bordeaux, où les services secrets britanniques (SOE) disposent d'un pouvoir déterminant depuis les débuts de la Résistance, il est clair que Londres entend peser de tout son poids, même au prix d'un affrontement entre les différents réseaux.

C'est dans ce contexte délétère que Georges Julien, alias Renaudin, arrive à Bordeaux, fin mai 1944, ayant pour mission de faire reconnaître l'autorité du Conseil National de la Résistance. Il va se heurter aux suspicions et à l'intolérance de groupes incontrôlés.

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Georges JULIEN  Renaudin
1902-1944
Grand Résistant
Officier de la Légion d'Honneur
Croix de guerre avec palmes

Le 29 juin 1944, un groupe de quatre hommes, membres de réseaux de résistance de la région de Bordeaux, accoste Georges Julien à l'angle de la rue Mouneyra et de la rue Héron. Sans un mot, ils vident sur lui les chargeurs de leurs armes, à bout portant, et s'enfuient en courant par les rues voisines.

Ils viennent de tuer Renaudin, que le Conseil National de la Résistance avait missionné pour mettre de l'ordre dans la situation dramatique de la Résistance à Bordeaux, où une guerre fratricide a succédé en 1944 aux arrestations, exécutions et déportations qui avaient frappé cette région depuis l'été de 1943.

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